Interdiction pour les MG de prescrire des CT colonne remboursés : où en sommes-nous ?

Flash-info 46/26, publié le 04/09/26

Depuis le 1er juillet 2026, les médecins généralistes ne peuvent plus prescrire, avec remboursement par l’assurance obligatoire, de CT de la colonne vertébrale.

La prescription de ces examens est désormais réservée à certaines spécialités, notamment la neurologie, la neurochirurgie, la médecine physique et réadaptation, la chirurgie orthopédique, la rhumatologie et la médecine d’urgence.

Cette mesure, adoptée dans le cadre des économies prévues au budget 2026 des soins de santé, vise à réduire le recours aux examens d’imagerie jugés inappropriés et à favoriser une utilisation plus ciblée du CT.

Le GBO avait exprimé son opposition à cette mesure dès son annonce. Nous estimons qu’une interdiction visant spécifiquement les médecins généralistes n’apporte pas une réponse adéquate au problème de la pertinence de l’imagerie médicale.

Au-delà de la décrédibilisation de la médecine générale qu’elle induit, cette mesure risque d’avoir des conséquences concrètes pour les patients : retard de prise en charge, recours inutile à un spécialiste ou aux urgences pour obtenir une prescription, surcharge des deuxième et troisième lignes, sans pour autant garantir les économies attendues.

Le GBO a donc introduit auprès du Conseil technique médical (CTM) de l’INAMI une proposition alternative : plutôt que de déterminer qui peut prescrire un CT de la colonne vertébrale sur la seule base de sa spécialité, soumettre tous les prescripteurs aux mêmes critères de pertinence clinique.

Concrètement, le GBO propose que le CT puisse être prescrit, quelle que soit la spécialité du médecin, lorsqu’il répond à une situation clinique clairement définie et vérifiable, notamment :

  • une contre-indication médicale à l’IRM ;
  • un traumatisme récent ;
  • une intervention chirurgicale ou de radiologie interventionnelle programmée ou réalisée ;
  • une investigation systémique, notamment en oncologie ou dans certaines affections inflammatoires ;
  • un syndrome neurologique déficitaire moteur ;
  • une hyperalgie aiguë, à l’exclusion des douleurs chroniques.

Ces indications s’inscrivent dans une démarche fondée sur les recommandations de bonnes pratiques en matière de prescription de l’imagerie médicale, notamment celles proposées par la Société belge de radiologie.

Afin de garantir le respect de ces critères, le médecin prescripteur devrait mentionner l’indication justifiant l’examen. La création de pseudo-codes pourrait également être envisagée afin de faciliter à la fois la prescription et son contrôle.

L’objectif est donc clair : réduire les CT réellement inutiles plutôt que d’interdire leur prescription à une catégorie de médecins, tout en maintenant l’effort d’économie demandé au secteur de l’imagerie médicale.

Cette proposition sera examinée lors de la prochaine réunion du CTM, prévue le 8 septembre.

Le GBO ne manquera pas de vous tenir informés des suites qui lui seront réservées.