Le Cartel a une nouvelle présidente. Le Dr Lieselot Brepoels (ASGB) succède au Dr Thomas Gevaert, tandis que le Dr Pascaline d’Otreppe (GBO) en devient vice-présidente. L’occasion de revenir sur cette structure essentielle pour comprendre comment le GBO porte la voix des médecins généralistes francophones au niveau fédéral.
Une nouvelle présidence pour le Cartel
Réunie le 25 septembre, l’Assemblée générale du Cartel a désigné le Dr Lieselot Brepoels (ASGB) comme nouvelle présidente et le Dr Pascaline d’Otreppe (GBO) comme vice-présidente.
Médecin spécialiste en médecine nucléaire à l’hôpital universitaire de Gand, Lieselot Brepoels succède au Dr Thomas Gevaert, qui reprend pour sa part la présidence des spécialistes au sein de l’ASGB.
Pascaline d’Otreppe est médecin généraliste et exerce en maison médicale à Saint-Gilles. Jusqu’à présent vice-présidente du GBO, elle entend notamment, dans ses nouvelles fonctions, renforcer les liens entre généralistes et spécialistes ainsi qu’entre les deux côtés de la frontière linguistique. Elle insiste également sur l’importance de construire des positions communes pour défendre l’accès aux soins, une sécurité sociale forte, de bonnes conditions d’exercice pour les médecins, quel que soit leur type de pratique, et une véritable culture de la concertation.
Mais cette actualité est aussi une bonne occasion de préciser ce qu’est exactement que le Cartel et comment l’action du GBO s’inscrit-elle dans cette fédération-coupole.
Le Cartel : trois organisations, une représentation commune au niveau fédéral

Le Cartel est la fédération-coupole de trois organisations médicales :
- l’ASGB (Algemeen Syndicaat van Geneeskundigen van België), organisation néerlandophone regroupant médecins généralistes et spécialistes ;
- le GBO (Groupement Belge des Omnipraticiens), qui représente les médecins généralistes francophones de Wallonie et de Bruxelles ;
- le MoDeS (Monde des Spécialistes), qui représente les médecins spécialistes francophones.
Ces trois organisations conservent leur identité, leur fonctionnement et leur expertise propres. Le GBO reste donc pleinement le GBO : c’est en son sein que sont travaillées les problématiques propres à la médecine générale francophone et que se construisent les positions qu’il défend.
Mais lorsqu’il s’agit de représenter les médecins dans les grandes instances fédérales de concertation, les trois organisations unissent leurs forces au sein du Cartel.
C’est cette alliance qui permet notamment au GBO de porter la voix des généralistes francophones dans les organes fédéraux où se négocient et se décident de nombreux éléments qui ont un impact direct sur leur pratique.
Pourquoi cette alliance est-elle importante ?
Tous les cinq ans ont lieu les élections médicales. Elles déterminent quelles organisations professionnelles pourront représenter les médecins au sein de plusieurs organes de l’INAMI et quel sera leur poids respectif.
Lors des dernières élections, en 2023, les médecins ne votaient donc pas directement pour le GBO, l’ASGB ou le MoDeS séparément, mais bien pour le Cartel (ASGB–GBO–MoDeS) car, pour être reconnu comme syndicat, il faut représenter tant les généralistes que les spécialistes d’au moins 2 régions du pays.
Le Cartel a recueilli 5.111 voix, soit 24,45 % de l’ensemble des suffrages exprimés. Chez les seuls médecins généralistes, il a obtenu 3.101 voix, soit 35,03 % des votes. Ces résultats déterminent la représentation des organisations médicales dans les instances de l’INAMI jusqu’aux prochaines élections.
Autrement dit, l’appartenance du GBO au Cartel lui permet de transformer son travail syndical et son expertise de terrain en représentation institutionnelle au niveau fédéral.
Concrètement, où le Cartel représente-t-il les médecins ?
Le Cartel siège notamment dans des instances aussi importantes que la Commission nationale médico-mutualiste (Médicomut), le Comité de l’assurance, le Conseil technique médical (CTM) ainsi que dans d’autres organes de l’INAMI et du SPF Santé publique.
C’est dans ces lieux de concertation que sont discutés des dossiers qui touchent très concrètement votre quotidien : accords médico-mutualistes, honoraires et nomenclature, organisation et financement des soins, conditions d’exercice, réformes de la médecine générale, etc.
Et c’est là que l’articulation entre GBO et Cartel prend tout son sens.
Le GBO analyse les dossiers sous l’angle de la médecine générale francophone, consulte le terrain, élabore ses positions et les défend dans les discussions menées au sein du Cartel. Celui-ci permet ensuite de construire, lorsque c’est possible, une position commune entre généralistes et spécialistes, francophones et néerlandophones, et de la porter dans les instances fédérales.
Le Cartel n’efface donc pas la voix du GBO : il lui donne un relais fédéral.
Une voix GBO désormais aussi à la vice-présidence du Cartel
La nomination de Pascaline d’Otreppe à la vice-présidence constitue dès lors une étape importante pour le GBO.
Elle assure une présence directe de la médecine générale francophone au sein de la nouvelle présidence du Cartel, aux côtés de Lieselot Brepoels, issue de l’ASGB et de la médecine spécialisée.
Une complémentarité qui reflète précisément la raison d’être du Cartel : faire dialoguer les réalités des généralistes et des spécialistes, du nord et du sud du pays, afin de peser ensemble dans les lieux où se construit la politique fédérale des soins de santé.
Et pour le GBO, continuer à y faire entendre une voix qui reste fidèle à ce qui guide son action depuis plus de 60 ans : défendre une médecine générale forte, correctement financée et reconnue pour son rôle central dans notre système de soins.