
Les primes Impulseo sous pression budgétaire en Wallonie
Flash-info 11/26, publié le 12/03/26
Après le fédéral, c’est au tour de la région wallonne de devoir trouver des économies substantielles à faire dans les soins de santé, dont environ 3 millions d’euros dans le secteur du soin et de l’accompagnement en 1re ligne. Plusieurs réunions ont récemment eu lieu entre les acteurs concernés et l’AVIQ afin d’identifier des pistes d’économies. Les différentes propositions soumises doivent encore être analysées par les instances compétentes et c’est au gouvernement wallon qu’il reviendra de trancher en dernier ressort. Qu’en est-il exactement des primes Impulseo ?
Des économies – à hauteur de 3 millions d’euros – devront être réalisées pour 2027 dans le secteur du soin et de l’accompagnement en 1re ligne (médecine générale, SAFA -Service d’Aide aux Familles et aux aînés, centres de coordination d’aide et de soin, SISD – Service intégré de soins à domicile, Soins palliatifs, RML – Réseaux locaux multidisciplinaires, soins palliatifs, etc.). Les acteurs concernés ont donc été priés d’identifier des propositions d’économies dans leurs secteurs respectifs.
Une réduction du budget alloué aux primes Impulseo en Wallonie (qui représente actuellement environ 14 millions d’euros) figure notamment parmi secteurs sollicités.
Notez par ailleurs que, avant même d’avoir reçu l’injonction de réaliser des économies, un groupe de travail MG avait déjà été formé à l’initiative du ministre Coppieters dans le but de faire évoluer le dispositif Impulseo. Durant ces réunions, le GBO n’a eu de cesse de rappeler que :
- à ce jour, il n’existe pas de données scientifiques permettant d’en mesurer l’efficacité ou l’impact sur l’installation et le maintien des médecins généralistes en zone de pénurie ;
- aucune réduction ne devrait être décidée sans évaluation scientifique préalable de l’impact des primes Impulseo ;
- décider de modifications sans analyse préalable reviendrait à prendre une décision “à l’aveugle”.
Une position qu’il défend également dans les négociation en cours au sein de la Commission paritaire « Première ligne de soins » (composée des représentants des différents secteurs du soin et de l’accompagnement en 1re ligne, ainsi que des fédérations hospitalières et des mutuelles), où sont actuellement étudiées les pistes d’économies pouvant être réalisées.
Le GBO demande une évaluation préalable du dispositif et une réflexion globale sur le renforcement de l’attractivité des zones en pénurie
Des propositions ont été élaborées par les représentants de la médecine générale pour réaliser leur part d’effort dans l’économie demandée à l’ensemble du secteur de la 1re ligne.
Outre une proposition d’économie à laquelle nous avons dû nous plier, le GBO plaide pour qu’une évaluation rétrospective du dispositif Impulseo soit réalisée préalablement avant une éventuelle mise en œuvre. Une telle évaluation devrait être idéalement faite dans les mois qui viennent, notamment auprès des jeunes généralistes ayant bénéficié des primes ces dernières années. Le GBO a également insisté pour qu’une réflexion plus globale sur l’organisation des soins et l’attractivité des zones en pénurie soit menée auprès des médecins généralistes en formation, avant une mise en œuvre par les autorités régionales.
Les propositions des MG quant aux économies qui pourraient être réalisées sur le budget Impulseo, ainsi que celles proposées par les autres secteurs de la 1re ligne, doivent encore être examinées au sein des instances compétentes de l’AViQ (Comité de Branche et Conseil Général). La décision finale sera prise par le gouvernement wallon, en vue d’une mise en œuvre en 2027.
Le GBO continuera donc bien entendu à suivre ce dossier de très près et à défendre les intérêts de la médecine générale. Cette vigilance s’impose d’autant plus que cet impératif de restriction budgétaire intervient à un moment où la question centrale demeure celle du renforcement de la médecine générale et de l’attractivité des zones en pénurie.
À cet égard, le GBO rappelle que, les engagements inscrits dans la Déclaration de politique régionale (DPR) du gouvernement wallon : « Le Gouvernement répondra à l’inégale répartition sur l’ensemble du territoire en renforçant le soutien à l’installation par des mesures incitatives associant les communes et les cercles de médecine générale, spécialement dans les zones les plus touchées par la pénurie. »