PSS Radiologie : un pas dans la bonne direction, à renforcer

Flash-info 17/26, publié le 17/04/26

Développée par l’INAMI et le SPF Santé publique, le PSS Radiologie (« Prescription Search Support ») est un outil d’aide à la décision destiné aux prescripteurs d’examens radiologiques par voie électronique (via le module de « prescription de renvoi » eReferral).

Le GBO approuve la création de cette plateforme d’aide à la décision électronique d’examens radiologiques, qui constitue une avancée importante vers une prescription plus pertinente, fondée sur les recommandations de bonnes pratiques.

Cette initiative rejoint des propositions formulées par le Collège de la médecine générale francophone (CMG) dans le cadre du projet (depuis lors mis en route) d’interdire la prescription de CT scans de la colonne par les généralistes pour faire une économie de 46,2 millions d’euros. Une interdiction qui, pour le GBO, ne reposait sur aucun fondement scientifique solide, et risquait fortement d’avoir un impact budgétaire potentiellement contre-productif en provoquant un report injustifié vers les services d’urgence ou certaines spécialités.

Le CMG, interpellé par le GBO, avait alors émis le 13/11/25 plusieurs propositions(1) pour correspondre mieux aux recommandations EBP ciblant toutes les professions médicales, en évitant la stigmatisation négative de la profession de généraliste (cf. encadré).

Comment fonctionne la plateforme PSS Radiologie ?

Lorsqu’un médecin établit une prescription « de renvoi » électronique (via eReferral), des recommandations, des alternatives ou des clarifications s’afficheront automatiquement à l’écran. Celles-ci seront formulées sur la base de recommandations européennes « evidence-based ».

Le médecin conservera bien sûr toute son autonomie et pourra à tout moment s’écarter de ces suggestions en motivant son choix.

Notez par ailleurs que ce processus sera entièrement intégré dans les logiciels médicaux existants.

Un projet pilote en 2026, lancement prévu en 2027

Le projet PSS Radiologie sera déployé sur l’ensemble du pays auprès de tous les prescripteurs (médecins, sage-femmes), tant en ambulatoire qu’en milieu hospitalier, au cours de cette année 2026.

Durant la phase pilote, prévue jusque début 2027, les participants sélectionnés pourront tester la plateforme et son impact sur leur flux de travail, et contribueront à affiner la plateforme en donner leur feed-back.

Conclusion : une dynamique positive à consolider

La plateforme PSS Radiologie constitue donc une avancée attendue et bienvenue vers une prescription plus appropriée des examens d’imagerie.

Le GBO rappelle par ailleurs que, dans une démarche de soins plus pertinente, plus sûre et plus durable, le choix de l’examen à prescrire ne peut reposer uniquement sur des outils technologiques intégrant les recommandation EBM, mais nécessitera également :

  • un renforcement de la formation initiale et continue des professionnels de santé
  • une sensibilisation des patients et du grand public visant à déconstruire l’idée selon laquelle de meilleurs soins équivalent nécessairement à plus de soins.

Plus d’info :

Les propositions du CMG (1)

« Les organisations membres du CMG sont d’avis de limiter l’accès au CT-scan et à la RMN au strict nécessaire, en suivant au mieux les recommandations de bonnes pratiques qui permettent de déterminer les indications utiles à l’exercice de la médecine générale et spécialisée, et cela selon les « Recommandations en matière de prescription de l’imagerie médicale proposées par la Société Belge de Radiologie ». Elles proposent un schéma d’indication inséré dans la prescription électronique de l’examen radiologique. »

Le CMG avait également émis d’autres propositions utiles pour améliorer la santé publique et qui méritent qu’on s’y attarde :

  • Le CMG demande qu’on avance sur l’établissement du dossier radiologique individuel des patients reprenant les doses cumulées des RX tout au long de leur vie, concept qui s’avérerait efficace pour convaincre le prestataire et le patient d’une prescription raisonnée.
  • Le CMG demande que la dose de RX figure sur chaque protocole, avec une mention rappelant la dangerosité des RX et le pourcentage de cancers radio-induits, à visée de sensibilisation du prestataire et du patient.
  • Le CMG demande l’utilisation plus fréquente de la « consultation de radiologie» dédiée au dialogue entre le médecin prescripteur et le radiologue pour évaluer le meilleur examen dans certains cas précis litigieux. Selon l’expérience de terrain, rares sont ces contacts effectués par les radiologues.
  • Le CMG demande de pouvoir différencier l’activité des généralistes en ambulatoire de première ligne et de ceux des institutions et salles d’urgence. Le problème est d’identifier le contexte du prescripteur. (…) On pourrait y envisager une case à cocher supplémentaire qui permet l’évaluation du travail « en ambulatoire, aux urgences, dans un hôpital universitaire, autres » pour toutes les spécialités en fonction de la ligne de soins.
  • Le CMG propose également une case supplémentaire à cocher qui stipulerait que « l’examen est demandé à l’initiative du patient malgré les discussions menées en consultation, relative à son inutilité au temps zéro selon le jugement du médecin ».