Quotas fédéraux 2032-2033 : une nouvelle augmentation… mais le défi reste celui de la médecine générale

Flash-info 38/26, publié le 31/07/26

Le Moniteur belge a publié l’arrêté royal fixant les quotas fédéraux de médecins pour les années 2032 et 2033, correspondant aux étudiants qui ont débuté ou débuteront leurs études de médecine en 2026 et 2027.

Les nouveaux quotas sont fixés à :

  • 1.089 médecins pour la Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  • 1.427 médecins pour la Communauté flamande.

Ces chiffres sont en hausse par rapport aux quotas précédemment fixés pour 2031 et s’inscrivent dans la volonté du Gouvernement fédéral d’adapter progressivement la planification de l’offre médicale aux besoins de la population.

Le GBO/Cartel se réjouit de voir se poursuivre la revalorisation des quotas francophones, longtemps insuffisants au regard des besoins du terrain.

Cette augmentation constitue une étape supplémentaire vers une meilleure adéquation entre le nombre de médecins formés et l’évolution démographique, le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques.

Pour le GBO/Cartel, le débat ne peut toutefois se limiter au nombre global de médecins autorisés à accéder à une formation spécialisée. La véritable question est de savoir combien d’entre eux choisiront la médecine générale … et continueront à exercer leur profession à long terme (1).

Depuis plusieurs années, le GBO/Cartel rappelle que la pénurie de médecins généralistes constitue l’un des principaux défis de notre système de santé. Augmenter les quotas fédéraux est une condition nécessaire, mais elle ne suffira pas si une part suffisante des diplômés ne s’oriente pas vers la médecine générale.

Le GBO/Cartel continue dès lors à défendre une politique de planification qui tienne compte des besoins réels de la population et garantisse une place adéquate à la médecine générale au sein des sous-quotas.

La planification médicale ne se résume pas à fixer des chiffres.

Former davantage de médecins est indispensable, mais encore faut-il créer les conditions permettant aux jeunes diplômés de choisir durablement la médecine générale. Le problème n’est plus seulement de former davantage de médecins généralistes, mais aussi de réussir à les fidéliser dans l’exercice de la médecine générale et de réunir des conditions suffisamment attractives pour qu’ils puissent se répartir librement sur le territoire pour répondre aux besoins grandissant de la population.

Cela passe notamment par :

  • une meilleure reconnaissance du rôle central du médecin généraliste ;
  • un soutien renforcé à l’exercice de la médecine générale ;
  • des conditions de travail attractives ;
  • une diminution de la charge administrative ;
  • une rémunération permettant un exercice durable de la profession.

Le GBO/Cartel continuera à défendre ces priorités auprès des autorités, convaincu que l’accès aux soins de première ligne dépend autant de l’attractivité de la profession que du nombre de places ouvertes dans les facultés de médecine.

(1) Les données belges montrent qu’environ un diplômé en médecine générale sur cinq n’exerce jamais la médecine générale, tandis qu’environ 15 % des médecins généralistes ont quitté le secteur curatif dix ans après l’obtention de leur diplôme. Ces chiffres illustrent que l’enjeu n’est pas seulement de former davantage de médecins généralistes, mais aussi de les fidéliser dans la profession. Sources :