
Antibiotiques à l’unité : ce qui change pour les médecins dès le 1er octobre
Flash-info 47/26, publié le 11/09/26
Les modalités de mise en œuvre de la délivrance des antibiotiques à l’unité se précisent. Lors de la réunion tripartite consacrée à la prescription des antibiotiques et à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM), organisée ce 9 septembre, les mesures annoncées au printemps ont été confirmées (cf. notre Flash-info Prescription en DCI et délivrance à l’unité : une réforme clé contre le gaspillage et l’antibiorésistance attendue depuis 30 ans).
La réforme se déploiera en deux étapes : une première dès le 1er octobre 2026, avec la mise en œuvre de la délivrance de la quantité exacte nécessaire au traitement, puis une seconde au 1er janvier 2027, avec la prescription obligatoire en Dénomination Commune Internationale (DCI).
Le GBO/Cartel soutient cette évolution, que nous réclamons depuis de nombreuses années afin de lutter à la fois contre le gaspillage médicamenteux et l’antibiorésistance. À trois semaines de l’entrée en vigueur de la première étape, il nous semblait donc est important de vous informer de ce qui va changer concrètement dans votre pratique.
À partir du 1er octobre 2026, le nouveau système permettant au pharmacien de délivrer la quantité exacte d’antibiotiques nécessaire à la durée du traitement entrera en application.
Pour permettre cette délivrance, la prescription devra comporter les informations nécessaires au calcul du nombre exact d’unités à délivrer, en précisant la posologie (dose et fréquence des prises) ainsi que la durée du traitement.
Lorsque le conditionnement disponible correspond exactement au traitement prescrit, celui-ci pourra naturellement être délivré. Dans le cas contraire, le pharmacien pourra ouvrir un conditionnement et remettre au patient uniquement le nombre d’unités nécessaires au traitement, dans un emballage adapté.
En pratique, le médecin prescrit donc le traitement et sa durée ; c’est le pharmacien qui détermine, sur cette base, le nombre exact d’unités à délivrer au patient.
Cette mesure concerne les antibiotiques à usage systémique sous forme orale solide – comprimés et gélules – et ne s’applique donc pas, notamment, aux antibiotiques sous forme liquide tels que les sirops.
Un point mérite toutefois d’être précisé : l’obligation de prescrire les antibiotiques concernés en DCI ne débutera pas encore le 1er octobre.
La période allant du 1er octobre au 31 décembre 2026 constitue une phase de transition. C’était déjà le calendrier annoncé au printemps : durant cette première phase, le système de délivrance de la quantité exacte est mis en place, avant le passage à la prescription obligatoire en DCI.
L’objectif est notamment de permettre aux logiciels médicaux et aux systèmes de prescription électronique d’être adaptés avant la deuxième étape de la réforme.
À partir du 1er janvier 2027, la prescription en Dénomination Commune Internationale (DCI) deviendra obligatoire pour les antibiotiques concernés.
En clair, les antibiotiques concernés devront être prescrits sous le nom de leur principe actif (DCI), plutôt que sous le nom d’une spécialité commerciale.
L’INAMI confirme que les logiciels de prescription électronique doivent être adaptés pour permettre cette prescription obligatoire en DCI et fixe au 31 décembre 2026 la date limite de déploiement des adaptations auprès des utilisateurs.
Une prescription en DCI doit notamment permettre d’identifier sans ambiguïté le principe actif, la forme d’administration et la concentration et comporter le dosage quotidien ainsi que la durée du traitement.
Pour le GBO/Cartel, cette réforme va dans le bon sens et concrétise enfin l’une de ses revendications de longue date.
Comme nous le rappelions déjà dans notre Flash-info du 24 avril consacré à la prescription en DCI et à la délivrance à l’unité, l’inadéquation entre la durée réelle de nombreux traitements et le contenu des conditionnements conduit encore trop souvent les patients à terminer leur traitement avec plusieurs comprimés inutilisés.
La délivrance de la quantité réellement nécessaire permet donc d’agir sur plusieurs fronts : mieux prescrire, mieux délivrer et éviter que des antibiotiques inutilisés ne restent à disposition des patients.
Cette réforme indispensable rappelle aussi que la lutte contre la surconsommation d’antibiotiques ne repose pas uniquement sur les prescripteurs : l’inadéquation entre les conditionnements disponibles et la durée réelle des traitements contribue elle aussi au gaspillage et laisse subsister des comprimés susceptibles d’être réutilisés ultérieurement en automédication. C’est précisément pourquoi le GBO/Cartel réclame depuis de nombreuses années que la quantité délivrée corresponde au plus près à la quantité effectivement prescrite.
Le GBO/Cartel se réjouit donc de voir cette réforme entrer enfin dans sa phase concrète. Nous resterons toutefois attentifs à sa mise en œuvre pratique et, en particulier, à l’adaptation des logiciels médicaux, qui devra permettre une utilisation simple et intuitive de ces nouvelles modalités de prescription, sans charge administrative supplémentaire pour les médecins.
| Quand ? | Ce qui change | Pour le médecin |
|---|---|---|
| Àpd 01/10/26 | Délivrance de la quantité exacte d’antibiotiques | Préciser le dosage/posologie et la durée du traitement La prescription en DCI n’est pas encore obligatoire durant cette période de transition |
| Àpd 01/01/27 | Prescription en DCI obligatoire pour les antibiotiques concernés | Prescrire le principe actif et les données nécessaires au calcul de la quantité exacte |