©️ Marco Mertens

Lorsque l’administration des soins de santé va dans le bon sens… il faut aussi savoir le dire !

Flash-info 39/26, publié le 03/08/26

Dans deux entretiens récemment accordés à Le Soir (1) et La Libre Belgique (2), l’administrateur général de l’INAMI, Pedro Facon, s’est exprimé avec franchise sur les économies voulues par le gouvernement Arizona, notamment dans le secteur des soins de santé. À l’approche des discussions relatives au budget 2027, il met notamment en garde, avec beaucoup de bon sens et de sagesse, contre le risque de ponctionner trop et surtout aveuglément notre secteur des soins de santé et d’augmenter la participation financière des patients via l’instauration d’une franchise ou une hausse des tickets modérateurs.

Personne ne conteste aujourd’hui que des efforts devront être réalisés. Avec un budget de près de 64 milliards d’euros, représentant près d’un cinquième des dépenses publiques, il est légitime de s’interroger sur la manière d’utiliser au mieux les moyens consacrés aux soins de santé. Pedro Facon rappelle toutefois une réalité souvent oubliée : la norme de croissance actuelle du budget des soins de santé est déjà inférieure à l’évolution naturelle des besoins estimée par le Bureau fédéral du Plan. Autrement dit, la tension budgétaire existe déjà avant même d’envisager de nouvelles économies.

Dans ce contexte, il appelle à privilégier des réformes structurelles visant à améliorer la pertinence et l’organisation des soins plutôt qu’un simple transfert des coûts vers les patients. Sans éluder la responsabilité de chacun – autorités, institutions, prestataires de soins et patients –, il défend une approche fondée sur la concertation, la recherche de soins plus appropriés et préfère convaincre que contraindre dans les efforts d’économie à chercher. Dont acte !

L’administrateur général de l’INAMI met également en garde contre la tentation de privilégier les mesures les plus simples à mettre en œuvre, comme l’augmentation des tickets modérateurs, l’instauration d’une franchise ou encore des réductions linéaires des honoraires. Si ces mesures offrent un rendement budgétaire rapide, elles risquent aussi de fragiliser l’accessibilité des soins et de reporter les coûts sur les patients, avec parfois des conséquences plus lourdes à long terme.

Le GBO/Cartel ne peut que saluer cette prise de position à la fois lucide et courageuse et est tout disposé à poursuivre les discussions en vue de l’élaboration du budget de 2027 dans cet esprit.

Depuis plusieurs semaines, nous rappelons qu’il existe des marges pour améliorer l’efficience de notre système de santé, mais que celles-ci doivent être recherchées intelligemment, sans fragiliser davantage l’accessibilité des soins ni reporter toujours plus la charge financière sur les patients. Nous défendons également l’idée que la santé constitue un investissement pour notre société, et non une simple variable d’ajustement budgétaire (3).

À l’heure où s’ouvrent les discussions relatives au budget 2027, notre syndicat est prêt à poursuivre ce dialogue avec l’ensemble des partenaires dans cet esprit : préserver un accès équitable aux soins en privilégiant l’efficience aux coupes aveugles, préférer les réformes structurelles aux solutions de facilité, construire les réformes en concertation avec les acteurs de terrain plutôt que les leur imposer.