
Utilisation rationnelle des médicaments, des POCT et de la contraception d’urgence en centres de planning familial : l’avis du GBO compte !
Flash-info 08/26, publié le 13/02/26
À la demande de la Chambre des représentants, le GBO/Cartel a récemment rendu trois avis portant sur des enjeux majeurs de santé publique et d'organisation des soins.
À travers ces prises de position, le GBO/Cartel réaffirme l'importance qu'il accorde au dialogue démocratique et à la concertation avec le législateur, ainsi qu'à la reconnaissance de l'expertise de terrain des médecins généralistes.
En tant que représentants majoritaires des médecins généralistes francophones, le GBO/Cartel considère que les avis qu'il formule constituent une contribution essentielle à l'élaboration de politiques de santé efficaces, éthiques et centrées sur les patients. Ces avis s'inscrivent dans une vision cohérente : renforcer la qualité des soins, promouvoir une utilisation rationnelle des médicaments, préserver le rôle central de la médecine générale et garantir l'accessibilité équitable aux soins pour l'ensemble de la population.
Vous trouverez ci-dessous un résumé de ces trois avis, ainsi que les textes dans leur intégralité.
Dans son avis relatif à la proposition de résolution sur l'utilisation correcte et rationnelle des médicaments, le GBO soutient pleinement l'objectif de réduction des effets iatrogènes liés à la prescription, tout en appelant à une approche plus globale et systémique.
Le GBO met en avant deux axes prioritaires :
- L'impact environnemental de la prescription médicamenteuse, en soulignant la nécessité d'intégrer des critères écologiques (persistance, bioaccumulation, toxicité) dans les outils de prescription et la formation des prescripteurs.
- Le renforcement du binôme médecin généraliste–pharmacien, avec une clarification des rôles, une communication structurée et l'exclusion de tout conflit d'intérêt marchand.
L'avis insiste également sur la prévention quaternaire, la dé-prescription, la promotion d'alternatives non médicamenteuses, la prescription différée des antibiotiques, la délivrance à l'unité et la nécessité de réformer le financement des soins afin de reconnaître le « temps long » en consultation. Enfin, le GBO appelle à une meilleure régulation de l'industrie pharmaceutique, à l'indépendance de la formation médicale et à des campagnes de sensibilisation répétées à destination des patients.
Généralisation des tests « Point of Care » (POCT)
Dans son avis concernant la proposition de loi visant à généraliser l'utilisation et le remboursement des tests POCT hors milieu hospitalier, le GBO se montre favorable à leur mise à disposition en médecine générale ambulatoire, où ils constituent un outil pertinent d'aide au diagnostic et à la décision thérapeutique.
En revanche, le GBO exprime de fortes réserves quant à l'utilisation de ces tests par les pharmaciens et autres professionnels non-médecins. Il rappelle que l'examen clinique, le diagnostic et la prescription relèvent exclusivement de compétences médicales et ne peuvent être dissociés des tests sans risque de surdiagnostic, de surmédicalisation ou de conflits d'intérêt.
Le GBO insiste sur la nécessité d'un cadre de collaboration formalisé entre médecins généralistes et pharmaciens, garantissant la transmission des résultats au médecin traitant et le respect du rôle central de la médecine générale. Toute extension de l'usage des tests POCT doit démontrer un bénéfice clair pour la santé publique, s'appuyer sur des données scientifiques validées et éviter toute fragmentation de la première ligne de soins.
Délivrance de la contraception d’urgence en centres de planning familial
Dans son avis relatif à la délivrance de la contraception d'urgence, le GBO réaffirme que l'accès rapide, gratuit et sans entrave à cette contraception est un élément fondamental du droit des femmes à disposer de leur santé sexuelle et reproductive.
Le GBO soutient explicitement la possibilité de délivrer la contraception d'urgence au sein des centres de planning familial par du personnel formé, sans restriction au seul médecin. Il souligne le rôle spécifique et complémentaire des CPF, qui offrent un cadre anonyme, accessible sans rendez-vous et propice à un accompagnement global incluant information, prévention et réflexion autour de la contraception et du consentement.
L'avis rappelle que la contraception d'urgence présente peu d'effets secondaires, sans contre-indications majeures, et que toute entrave à son accessibilité augmente le risque de grossesses non désirées, avec des conséquences médicales, psychologiques et sociétales importantes. Le GBO considère dès lors que l'élargissement de la délivrance en CPF constitue une mesure de santé publique pertinente et proportionnée.