Canicules et crise aux 1733 et 112 : la médecine générale parle d’une seule voix et interpelle le Gouvernement

Flash-info 31/26, publié le 02/07/26

Face à une situation devenue critique, l’ensemble des organisations de médecine générale, tant au Nord qu’au Sud du pays, ont décidé d’unir leurs voix. Hier, elles ont adressé une lettre ouverte à Frank Vandenbroucke, Ministre de la Santé publique, et à Bernard Quintin, Ministre de l’Intérieur, afin de les alerter sur le risque d’implosion de la prise en charge des soins non planifiables.

Cette démarche fait suite aux graves dysfonctionnements constatés le week-end des 26, 27 et 28 juin, durant lequel de nombreux patients n’ont pas pu joindre le 1733, tandis que des délais d’attente de plus de dix minutes ont également été observés au 112. Des situations mettant en jeu la santé, voire la vie des patients, n’ont pas pu être prises en charge à temps, les services d’urgence ont été davantage engorgés, les postes de garde et les professionnels de santé ont dû faire face à un afflux de plaintes et parfois d’agressivité, tandis que de nombreux médecins généralistes ont été sollicités en privé par tous les canaux possibles.

Malgré l’ampleur des problèmes rencontrés, pourtant prévisible, et les alertes émises par le terrain, aucun état d’urgence n’a été décrété afin de réquisitionner des opérateurs supplémentaires et les demandes exceptionnelles de retour temporaire en « phase 1 » du tri téléphonique – permettant aux PMG de reprendre directement les appels lorsque le 1733 est saturé – n’ont pas été suivies d’effet. Force est de constater que, lors de ce dernier épisode de canicule, nos autorités n’ont brillé que par une absence de communication remarquable et regrettable vers les professionnels des soins de santé, mettant en danger la population. De surcroit, alors que nous sommes à la veille du prochaine épisode de canicule, le GBO/Cartel ne peut que regretter qu’aucune suite n’a encore été donnée par nos Ministres de la santé à sa demande d’organiser une réunion de crise.

Comme nous l’évoquions déjà dans notre précédent Flash-info consacré aux difficultés du 1733, ces incidents ne constituent malheureusement pas un épisode isolé. Ils révèlent les limites d’un système confronté depuis plusieurs années à un manque chronique d’opérateurs, à une augmentation des délais de réponse et à une dégradation progressive de la qualité du triage. Aujourd’hui, ce sont non seulement les postes de garde, mais aussi les services d’urgence, les maisons de repos et, surtout, les patients qui en subissent les conséquences.

Dans la lettre ouverte envoyée aux Ministres de la Santé et de l’Intérieur (dont dépendent les centrales d’appel d’urgence), les organisations signataires rappellent que les pics d’activité estivaux sont parfaitement prévisibles et ne peuvent plus être considérés comme des circonstances exceptionnelles. Elles demandent dès lors au Gouvernement de prendre sans délai des mesures d’urgence afin de garantir le bon fonctionnement des numéros 1733 et 112, d’assurer des effectifs suffisants dans les centrales d’urgence et de préserver un accès rapide et sécurisé aux soins non planifiables.

Le GBO/Cartel se réjouit que, sur ce dossier essentiel pour les patients comme pour les médecins généralistes, l’ensemble des organisations de médecine générale aient choisi de porter un message commun auprès des autorités. Cette mobilisation collective témoigne de l’urgence de la situation et de la nécessité d’apporter des réponses structurelles avant qu’une nouvelle crise ne survienne.